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Antonio Fiori : Moins de rentabilité pour les banques

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Sans que l’on connaisse encore la forme qu’il prendra, les chiffres les plus divers pour ne pas dire les plus fantaisistes circulent déjà. D’autres se contentent d’évaluation bien plus modestes ne dépassant pas 1 ou 2 points de PIB. Elles ne font pas qu’introduire un bien inconnu, elles entretiennent la vie dans celui qui existait déjà. Autant dire que l’on ne sait pas évaluer ce type d’évènement, surtout lorsque l’on n’en connaît pas encore les contours. Et avant de s’émouvoir d’un Brexit, prenons déjà la mesure du demi-engagement britannique et des multiples dérogations qui le caractérisent. Car le Royaume-Uni est coutumier des va-et-viens et des semi engagements. On se souvient de la renégociation du chèque britannique sous Margaret Thatcher en 1983. Les régulateurs et les superviseurs du secteur bancaire ont aussi un rôle décisif à jouer. Néanmoins, tout a été fait et orchestré par les pouvoirs publics pour forcer la main des banques à se montrer généreuse en termes de prêts immobiliers, comme pour motiver les achats à crédit de la part des citoyens. En effet, si les déductions fiscales accordées aux contribuables stimulent à l’évidence les acquisitions – voire la spéculation – immobilières. C’est les modifications des règles prudentielles dès les années 1970, et surtout dès 1988 (Bâle I), qui jetèrent littéralement les banques dans le précipice des crédits hypothécaires, à la faveur d’un assouplissement notable des ratios capitalistiques exigés pour toute opération immobilière, considérée nettement moins risquée par le régulateur qu’un prêt consenti à une entreprise. Notre recherche a identifié 15 domaines qui sont importants pour promouvoir l’inclusion sociale. En outre, de multiples études et recherches ont attesté sans équivoque que les récessions provoquées par des épisodes d’endettements excessifs liés à l’immobilier étaient plus longues et que les reprises qui s’ensuivaient moins spectaculaires, la crise présente des subprimes comme le gigantesque bulle espagnole étant là comme preuves suprêmes. A cet égard, ne nous faisons aucune illusion car, y compris hors période de crise, les banques ne prêtent quasiment plus aux entreprises. Les années 1970 ont effectivement été témoins d’un bouleversement de la fonction originelle des banques occidentales qui ont progressivement destiné 60% de leurs crédits vers les transactions immobilières, au détriment évidemment des entreprises et des commerces. Passons à la mesure des quantités de chaleur qu’un corps dégage ou absorbe en changeant d’état physique, en s’unissant chimiquement à d’autres corps, en variant de température, etc. La mièvre croissance européenne -souvent qualifiée d’anémique – provient d’un excès d’épargne. La stagnation devient en effet séculaire à partir du moment où l’argent ne circule plus, c’est-à-dire dès lors que l’épargnant le conserve précieusement sur son compte et que sa banque n’est plus en mesure de le recycler vers des secteurs productifs de l’économie. De ce point de vue, les banques constituent le bras armé de la croissance, et lui sont essentielles dans la transmission, sous forme de prêts aux entreprises, de l’épargne privée. Voilà pourquoi, suite à une crise financière qui affecte et qui infecte les bilans bancaires, la croissance régresse sévèrement à la faveur de l’interruption du robinet du crédit. Antonio Fiori: « L’école est en péril ». Nous souhaitons que les entrepreneurs et les travailleurs de nos petites entreprises puissent se consacrer pleinement à la conception, la création, la production et la commercialisation de produits ou de services – et non perdre leur temps à étudier des recueils de règles ou à remplir des formulaires. La nouvelle Commission européenne n’est à l’œuvre que depuis six mois, mais elle a déjà beaucoup fait bouger les choses. Je n’affirme pas que rien de mieux soit compatible, comme règle générale, avec l’humble état de l’esprit humain actuellement.

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